La Galcante, c’est un monde à part…

C’est dans une petite cour typique du Ier arrondissement de Paris que l’antre de la presse européenne du XXe siècle, la librairie de journaux La Galcante, a élu domicile en 1975 et continue aujourd’hui à offrir ses trésors. Une véritable caverne d’Ali Baba pour anciens et nouveaux adeptes du journal papier et du magazine.

On peut donc commander des vieux journaux de n’importe quel endroitdans le monde, et les recevoir quelques jours plus tard, en province comme à l’étranger.

Mais rien ne vaut l’expérience d’un passage à la Galerie-brocante, d’où est tiré le nom « Galcante », dans ce superbe hôtel particulier qu’est l’hôtel Trudon, 52 rue de l’Arbre Sec. Entrer dans cet espace pittoresque, c’est un peu comme si on revenait au début du XXe siècle, histoire de faire une pause dans la modernité. Dans cette librairie aux allures Art Déco, huit millions d’exemplaires de journaux, de magazines, de catalogues, de revues, de cartes postales sont posés dans les rayons, dans des cartons où à même le sol, par ordre alphabétique, par année, par thème ou par personnalité. Une librairie dédiée aux archives pour tous les lecteurs, mais surtout pour les collectionneurs.

Romuald Kostecki, recherchiste, prend soin de millions de journaux dans les caves de la librairie depuis 1983. Il connaît tout par coeur, ou presque. « Lorsque des réalisateurs ou des journalistes, qui veulent des vrais vieux papiers pour leurs films et refusent de se perdre dans les méandres d’internet, cherchent des renseignements sur une personnalité, une date historique, ils m’appellent, et je leur trouve leur pièce rare en quelques minutes », raconte Romuald. C’est ce qu’a fait la société de production 2p2l en plein tournage d’un documentaire politique : « Grâce à La Galcante, nous avons pu enrichir nos archives et donc le contenu éditorial du documentaire. Pour les documentaires, les archives sont incontournables mais pas toujours accessibles »,explique Juliette Ponchelet, chargée de production chez 2p2l.

D’ailleurs, on y croise souvent d’autres libraires, amoureux du vieux papier : « En tant que libraire, je suis toujours admiratif de la gestion de stock et du service à la clientèle que La Galcante réussit à maintenir au plus haut niveau », explique le propriétaire de la librairie musicale ancienne du Marais. Un client, qui comme beaucoup d’autres, s’étonne encore que La Galcante ne fasse pas partie du patrimoine culturel parisien protégé.

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